Dérives sectaires : les nutritionnistes charlatans pointés du doigt

La Miviludes, Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les rives sectaires, dénonce dans son rapport 2009, certaines « pratiques alimentaires », dont des jeûnes poussés ou des randonnées à jeun, qui ont déjà provoqué la mort de plusieurs enfants.

Pratiques « charlatanesques »

La Miviludese pointe du doigt certaine pratique de jeûne qui peuvent prendre des « dimensions extrêmes », citant l’exemple du « respirianisme », une pratique venue d’Australie dont la fondatrice prétend pouvoir se nourrir d’air et de lumière.

« Nous sommes là face à un phénomène qui peut faire énormément de victimes »,

prévient Georges Fenech, le président de la Miviludes.

« L’alimentation naturelle c’est très bien mais il faut alerter l’opinion. Attention: tout ce qui est naturel peut cacher en partie des dérives sectaires »,

a-t-il déclaré en présentant le rapport, dénonçant des pratiques « charlatanesques ».

Déjà en 2008, la Miviludes s’alarmait de l’arrivée en nombre d’organisations considérées en France comme des sectes dans le secteur de la psychothérapie et plus largement de la santé.

Les sectes en France « ne régressent pas, elles se développent »,

a souligné Georges Fenech, évoquant 600 mouvements ou pratiques qui présentent des risques recensés en 2009 contre 172 en 1995.

Cela représente, selon lui, 500.000 concitoyens touchés, directement ou par ricochet, parmi lesquels une grande partie d’enfants.

Aujourd’hui, les « grandes structures » sectaires sont « dépassées par les microgroupes qui agissent en réseaux, par internet » et les centres « qui prolifèrent en proposant des pratiques non conventionnelles à visées thérapeutiques »,

a-t-il expliqué.

« De simples propositions autour de régimes alimentaires promettant amaigrissement, rajeunissement, remise en forme ou guérison peuvent constituer l’approche séductrice facilitant progressivement une mise en état de sujétion en opérant par affaiblissement physique et mental de la personne »,

note la mission interministérielle dans son rapport.

La Miviludes recense des « dérives hygiénistes » chez les partisans du végétarisme, de la kinésiologie ou de l’instinctothérapie, basée sur la perception des saveurs et des odeurs qui exclut la cuisson, les céréales, les produits laitiers et tout apprêt de la nourriture.

La mission pointe également du doigt la naturopathie dont certains grands noms prônent « l’abandon ‘des remèdes’ au sens de la pharmacie voire de la médecine conventionnelle ».

Selon la Miviludes, les tenants de ces pratiques sont implantés de manière significative en Europe et ont ouvert de nombreux instituts de formation en France.

Le phénomène pourrait être combattu en renforçant les peines pour exercice illégal de la médecine ou le contrôle de la distribution des compléments alimentaires,

a suggéré Georges Fenech, qui souhaite lancer un programme de surveillance au niveau européen.

Tourisme spirituel

La Miviludes s’alarme également du développement des pratiques « néo-chamaniques », qui passent par la consommation des substances psychotropes hors de tout cadre médical ou légal.

Le rapport met en garde contre le recours à des agences spécialisées dans le « tourisme spirituel » ou « psycho-tourisme » qui proposent des rituels initiatiques à l’étranger.

Les dérives existent, « des témoignages le prouvent, des poursuites judiciaires ont déjà été introduites en France et à l’étranger et trois signalements de faits graves, parvenus en 2009 à la Miviludes, ont donné lieu a la saisine des autorités judiciaires »,

peut-on lire dans le rapport.

Site internet de la miviludes : http://www.miviludes.gouv.fr/
Source : Reuters (Laure Bretton et Sophie Louet)

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